Isabelle Dehay

Artiste vidéaste, née en région parisienne en 1971.
Vit et travaille à Clisson, région nantaise.

Mène depuis plus de 15 ans une recherche expérimentale sur le langage filmique. Dans une recherche picturale, elle intervient au plus près du signal qui génère l’image, dans une sensibilité presque tactile (Nu et jouir nuit et jour), épidermique (Echos Système). Les films questionnent la verticalité, l'élévation, la chute, l'envol ou encore l'aspiration et le fluide des corps. Le temps ou les temps du film se juxtaposent. Les images opèrent alors par rémanence, échos, dédoublement, étirement. Son travail s'inscrit dans la narration d'un langage visuel, sensoriel et expérimental.

Issue de l’école des Beaux arts de Nantes (Diplôme National Supérieur d’expression plastique, 1995), elle a réalisé de nombreux courts métrages en 16 mm, des pièces vidéo et d'art numérique, ainsi que des performances souvent associées à une recherche sonore, influencées par les musiques improvisées.
Différents spectacles ont été créés en collaboration avec des compositeurs contemporains (Jean Chevalier, Christophe Havard, Steve Everett, Arturo Gervasoni, la harpiste Murielle Schreder, le trio contemporain Factorielle3), et avec des musiciens de jazz (Pierre-Yves Merel, Jean Patrick Cosset, le groupe Mukta).

Prolongeant une réflexion visant à présenter ses films sous la forme d’installations scénographiques, elle réalise aujourd'hui des programmes numériques qui permettent de façon interactive d’envisager la temporalité d’un film autrement que linéaire : montage aléatoire, éclatement ou multiplicité du scénario, en interaction avec des évènements extérieurs, musicaux ou scénographiques prenant en compte la temporalité du spectateur.

Avec l’intention pédagogique de créer des passerelles entre le cinéma et l'art numérique, elle a récemment créé l’application logicielle « multimédia multimorceau » utilisée par différents publics pour orchestrer des films interactifs. Elle intervient régulièrement sur des projets pédagogiques multimédia, notamment au sein de l’association nantaise de cinéma expérimental Mire dont elle a été présidente, ainsi qu'au château d’Oiron (Centre d’art contemporain - 79).